samedi 24 février 2018

BOHICON, SENS... et petites pensées pour les esclaves

Coucou tout le monde,

Comment allez-vous ?
Pour nous, tout va bien. Nous avons eu la chance d’échapper à un orage diluvien, puis à une route dramatiquement dangereuse, et nous nous targuons une fois de plus d’être de sacrés veinards !! :

Nous vous avions laissés à l’orphelinat de Dogbo, que nous avons quitté lundi très tôt, après les très émouvantes salutations des enfants sans famille que nous laissions là ; certains nous ont écrit des lettres touchantes pour que nous nous souvenions d’eux… mais comment pourrions-nous oublier ces petits bouts d’hommes et de femmes grandis trop vite ?


Bref, méditations sur nos vélos en avalant les kms… Il faut dire aussi qu’à partir de Dogbo, nous avons quitté les pistes de latérite rouge pour de vraies routes bitumées. Et, même avec nos vélos à pneus crantés, ça change tout ! C’est ainsi que lundi soir, après 75 kms, nous sommes déjà parvenus à Bohicon, que nous ne pensions rejoindre que mardi matin. Bien nous en a pris !


 Car à Bohicon nous attendait l’adorable Kémi, responsable d’une organisation épatante, SENS, dont nous allons vous reparler ; mais aussi… une maison ! une vraie ! avec des lits, des douches, et un toit costaud !! Parce que son propriétaire, Jacques, lui-aussi l’un des responsables de SENS, est en France en ce moment : il nous a donc très gentiment laissé sa maison ! Et heureusement ! Car dans la nuit a tout-à-coup éclaté un orage magistral, et pluie diluvienne et vents forts ont ravagé Bohicon, contre toute attente en cette saison sèche ! Merci Jacques, notre « Saint-Jacques-de-Bohicon » !!
Au programme du mardi, visite de SENS : « Solidarité Entreprises Nord-Sud », dont nous avions entendu parler grâce à l’entreprise de Nico (Nutrition et Santé), qui en est partenaire.

Alors là, il faut qu'on vous raconte :
Cette organisation propose aux entreprises locales, pour beaucoup des « entreprises familiales » (juste la mère ou les mères d’une famille) des prestations de services : des cours de gestion aux cours de pratique pour améliorer leurs techniques, l'équipe leur enseigne tout bonnement comment faire fructifier leur savoir-faire. Pas facile de leur apprendre les notions de dépenses, chiffre d'affaires, car ces "nouveaux entrepreneurs" ne savent souvent pas bien compter (on est dans un pays où le taux d'alphabétisation, en constante hausse depuis les années 1960, ne dépasse tout de même pas 60% de la population ; et le milieu rural, et justement les femmes sont à ce titre moins bien lotis ...). 
En plus, Kémi tient à ce que chaque membre de la filière s'inscrive dans une démarche écologique : l’utilisation de produits locaux de qualité, la gestion des déchets (le Bénin est magnifique, mais... près des routes et des villes tout parsemé de sacs plastiques!!!) , un circuit de vente de proximité sont les priorités de SENS. 
Kémi et son équipe travaillent essentiellement sur la filière soja : le soja pousse en effet facilement, mais pâtit de son image ici de « viande du pauvre »! dans un pays où pourtant beaucoup souffrent encore de malnutrition! c'est trop dommage : le tofu (« fromage » de soja) a des vertus tant économiques (c’est pas cher), que nutritionnelles (c’est très riche en protéines) ! Mais bon, c'est vrai que le tofu a besoin d'être bien préparé pour être, sinon savoureux, du moins agréable à manger, n'est-ce pas? Et c'est là que Percy intervient ! 





A SENS-Bohicon, elle élabore des recettes délicieuses, afin de redorer l’image du tofu (on a goûté, on a a-do-ré ! Des samoussas farcis aux légumes aux crèmes fouettées au citron, en passant par les mini-pizzas et les brochettes, les recettes qu’elle prépare à base de tofu sont succulentes ! Finalement... un peu comme la branche R et D de Nutrition et Nature Revel!!!)




C’est ainsi que nous avons rendu visite le matin à une « préparatrice » de tofu : 


Pascaline reçoit le soja de l’un des producteur du réseau SENS, l'écrase dans un moulin qu'elle a pu acheter grâce aux conseils... et prix négociés par l'organisation (parce qu'avant, il lui fallait transporter les graines à 2 kms, un plat sur sa tête, et attendre un tour qui parfois ne venait pas!!! Forcément, c'est vite dissuasif!!) ; elle le transforme tous les matins, dans sa marmite au feu de bois, en pains de « fromage » (tofu) ; elle prépare ainsi 5 kgs de soja par jour, bien régulièrement. Puis les "fromages" sont recueillis par un jeune en insertion, à qui SENS confie une bicyclette-glacière. Et lui les apporte aux restauratrices ou cantinières qui ont été formées par Percy à élaborer les recettes. 
Et le tour est joué ! C'est génial, non?? Des petites entreprises individuelles ou familiales qui se réunissent pour former une vraie chaîne à l'échelle locale! Des petits maillons comme celui-ci forment des "essors" d'une vingtaine de personnes ; et pour l'instant, les essors sont au nombre de 6 autour de Bohicon.  Les témoignages montrent  la satisfaction des protagonistes, tout le monde gagne mieux sa vie, et le produit fini se hausse en qualité. Hormis les dérivés du soja, SENS travaille aussi à la valorisation d’autres produits locaux (miel, plantes thérapeutiques, savons…), mais toujours en s’inscrivant dans une démarche solidaire et écologique. Un label a même été déposé : "b'est", pour Bénin-entreprendre solidaire avec son territoire : chouette, non? Et le site de Bohicon est le troisième à voir le jour, après celui de Dassa, plus au nord, et celui de Parakou, encore plus au nord… 
Bravo Kémi pour ta démarche, ton implication, et la solidité de ton équipe (tous des gens très compétents, des ingénieurs agronomes, en finances et économie sur le terrain, aux gestionnaires et distributeurs, en passant par les spécialistes de l'information, tant au sein des filières que de l'image des produits) : cette organisation inspire confiance!
Et surtout, merci Kémi pour les bons moments passés avec toi et ta famille! Nous avons tous les 4 adoré vous rencontrer!  



Nous avons aussi profité de notre passage à Bohicon pour visiter, emmenés par un guide-historien formidable, Théo, le musée des palais des rois d’Abomey ; puis le site archéologique des « abris souterrains », refuges des guerriers d’Abomey qui s’y dissimulaient pour surprendre les tribus adverses. Petite page poignante de l’Histoire béninoise, où l’on discerne ce peuple fier, à la politique conquérante, et finalement étouffé par les Blancs à la fin du 19e siècle (le Roi Behanzin a été déporté… et empêché de se défendre sous Sadi Carnot...). Petit rappel historique aussi sur la pratique de l'esclavage : les ethnies, qui aujourd'hui encore s'étalent sur plusieurs pays d'Ouest en Est, menaient depuis l'Antiquité des combats de territoires. Parmi les prisonniers, on gardait pour soi ceux qui possédaient un savoir-faire (c'est comme ça semble-t-il que se sont répandues les pratiques vaudoues en Afrique de l'Ouest... mais ça, il faudra qu'on vous en reparle!) ; on "utilisait" aussi des "ouvriers" choisis parmi les plus forts, et les autres, ben... on les vendait! A l'Antiquité, on sait que certains avaient été exploités par les Pharaons d'Egypte (je vous laisse calculer les kms parcourus enchaînés dans le désert...). Mais à partir du 17e siècle, c'était bien plus simple, puisque les Blancs venaient en grand nombre se servir en bateau, notamment à Ouidah! Mais ça, tout le monde connaît bien, c'est le commerce triangulaire : on a besoin de main d'oeuvre dans le Nouveau Monde, et les populations locales, ben... ont été largement décimées! de la Louisiane au Brésil, on débarque donc les esclaves africains. Avec la bénédiction de l'Eglise! et celle, il faut bien le dire, des rois africains, qui eux-même participent à la chasse aux esclaves.
On estime aujourd'hui à plus de 15 millions le nombre de femmes et d'hommes ainsi déportés ; sans compter tous ceux qui ne "passaient pas les tests" de résistance qu'on leur infligeait avant la grande traversée! ni ceux qui, trop faibles, ne trouvaient pas acquéreurs, alors couic... Ni enfin ceux, surentassés dans les bateaux, qui se blessaient ou tombaient malades, et... qu'on utilisait pour servir d'appât aux cauris, ces petits coquillages blancs, monnaie d'échange avec les Africains...
Re- méditations sur nos vélos...

En fait de vélos, avouons-le, nous avons eu la chance de passer une bonne partie de la journée emmenés par Isambert, le chauffeur de Kémi (après les fortes pluies, les pistes détrempées auraient mis à mal nos malheureux vélos…). Pauvre Isambert, au début on s'était trompés : on l'appelait "Isangrain"!! Donc Isambert, de son côté, nous a formellement déconseillé d’emprunter nos habituelles montures pour gagner Dassa, comme nous l'avions prévu, arguant que ce tronçon de route est dangereux ; il s’est chargé de nous trouver une voiture avec chauffeur pour nous emmener mercredi. Et là, on a bien ri ! Parce que la route entre Bohicon et Dassa, c’est un doux euphémisme de dire qu’elle est "dangereuse" !


 Elle est en fait un cimetière pour voitures et camions !!! Leurs carcasses gisent un peu partout, anciennes quand il n'y a plus rien à en tirer, carbonisées parfois, entre les poids-lourds en panne, voire retournés! (créant de gigantesques bouchons !). Notre super-chauffeur a serpenté savamment entre les trous et les véhicules arrêtés, voire celui juste devant nous dont un pneu a tout-à-coup éclaté!!!
La mythique 505, reine du bitume et des pistes ici !!! Petite dédicace pour Palain!!


Et… nous nous sommes imaginés, frêles et lentes silhouettes rase-mottes, disputant le peu de terrain carrossable aux titans klaxonnant !! on l’a échappé belle : merci à notre "saint-Isambert-de-Bohicon" !!!!

Désolé, article diffusé avec 3 jours de retard !!
Nous sommes arrivés à Natitingou. La suite au prochain épisode.
Bises à tous.

PS : L'esclavage, ben... ça existe quand même encore un peu... Ici, la culture veut que le plus jeune sert le plus âgé ; les enfants, donc, font beaucoup. Dans les campagnes, c'est pour ça qu'ils ont du mal à aller à l'école (pourtant, notez bien, c'est pratique pour les parents, les enseignants sont très souvent en grève! Forcément, ils ne sont pas payés!!!)  Il n'empêche que les petites filles sont souvent astreintes à la corvée de l'eau : elles partent au puits, parfois distant de plusieurs kms, et reviennent avec souvent des bacs de 10 ou 15, voire 20 litres sur la tête... Plusieurs fois par jour...

Et les bassines sont pleines d'eau !!!


 Et que dire de la vente d'enfants, pratiquée semble-t-il assez régulièrement : une famille vend un enfant (entre 10000 et 20000 FCFA : 15 à 22 euros!!! si si!!) à une autre famille, pour soi-disant lui donner un accès à l'éducation. Cela ne trompe personne : les enfants passent même parfois des frontières! Et l'enfant acheté est destiné aux corvées de la famille, voire pire...
Dans le même ordre d'idée, nous nous demandions si le rasage des jeunes filles en âge d'aller au collège ou au lycée était un effet de mode... Ben en fait non! Il paraît que sinon, les professeurs y voient une marque aguichante! Et, quoiqu'il en soit, elles déclarent elles-même avoir du mal à refuser leurs avances, de peur d'être discriminées... et évincées des examens! Horrible, non?
Peu de femmes se rendent aussi dans les hôpitaux : elles craignent parfois de n'y être pas respectées, en particulier les jeunes filles.
Enfin, cela les incite à se soigner et à soigner leurs familles avec les plantes! Un palu, une fièvre, des boutons, allez hop! une tisane et ça repart!!!

Et vous voulez savoir? Margot, en ville, trouve beaucoup d'acquéreurs... Bon, rassurez-vous, elle n'est pas à vendre, pas achetable, et rigoureusement escortée par son papa!!!
Sérieusement, on ne se sent jamais en insécurité ici, les gens sont juste adorables... plus avec les yovo (Blancs) qu'entre eux!!!

Enfin... re-re-méditations!



dimanche 18 février 2018

Raphaëlle : les couturières

Coucou tout le monde !
C'est Raphaëlle.
J'espère que vous ça va ; nous on va super bien !!!

Je vais vous parler des couturières. Parce qu'ici, il n'y a pas de magasins de vêtements, mais des couturières et des tissus sur les marchés.

Les tissus sont très beaux, plein de motifs, si vous n'aimez pas la couleur ne venez pas en Afrique!

Quand vous avez choisi votre étoffe, vous pouvez aller voir une couturière (il y a aussi quelques couturiers). C'est un métier très répandu. Beaucoup de femmes ici qui n'ont pas de diplôme deviennent couturières, c'est un bon moyen de gagner sa vie. Ici par exemple, à l'orphelinat, les filles apprennent toutes la couture dès leur plus jeune âge.



Les machines à coudre ne sont pas électriques, elles fonctionnent avec une sorte de pédale que l'on balance avec les pieds pour faire tourner la machine. Ce n'est pas si difficile j'ai essayé! Et puis ça me rappelle le vélo!


Avec Margot, on a choisi des tissus super jolis à Ouidah. Un couturier est venu prendre nos mesures, et nous on s'était trompées parce qu'on croyait qu'une robe s'appelait un "bomba" en Fon.
Mais quand Margot a vu que le monsieur nous mesurait les chevilles, on a bien ri, parce qu'un "bomba"c'est un costume traditionnel d'hommes!!!
Finalement il nous a bien fait des robes! Elles sont super bien finies, doublées, avec de jolies manches et une fermeture éclair cachées.

Aujourd'hui, c'est dimanche, et alors on en profite avec Margot pour porter nos belles robes!

A bientôt tout le monde, gros bisous.

Une réussite à Dogbo, l'Orphelido!

Bonjour bonjour!

On vous espère tous en grande forme, comme nous!
Nous vous avons quittés à Tokpa Domé ; nous en sommes repartis jeudi... en barque! Eh oui : les vélos et toutes leurs sacoches avec nous sur un bateau cahotant, pour nous emmener sur l'autre rive du Lac Ahémé, à Possotomé (ville célèbre ici pour son eau thermale ; car contre toute attente, ici au Bénin, en tout cas au Sud, on trouve de l'eau facilement dans les sous-sols : il y a un peu partout des puits publics, quelle aubaine pour nous!)
Bref, encore 2 jours de vélo en pleine brousse, nous ravitaillant sur des marchés hauts en couleurs (à tous les sens du terme!), mangeant des plats bien épicés, faisant de larges haltes entre midi et 16h, faute de courage sous la chaleur (imaginez : Nico a même troqué ses vieilles chaussures pour des sandales!! si si!! C'est dire.)

Et nous voici à Dogbo. Alors Dogbo, il faut qu'on vous explique : c'est la ville natale d'un médecin des Salvages, à côté de Castres, Albert Hounou! Nous avons fait sa connaissance en France par un heureux concours de circonstance. Et lui revient dans son pays 3 ou 4 fois par an, et y a fondé un orphelinat ; on ne pouvait pas manquer ça!!

Orphelido accueille 14 garçons et 10 filles, de 6 (? ils ne sont pas sûrs!) ans au baccalauréat, qui vivent ici comme une grande famille. Et c'est ça qui nous émeut : sur le plan économique, certes, mais surtout humainement, ça fonctionne! Les grands s'occupent des petits (qui parfois arrivent là tous jeunes) ; chacun est autonome pour la préparation des repas, le ménage, la lessive ; ils pourvoient à toutes les tâches collectives à tour de rôle, par équipe. Antoine y est animateur, il aide les enfants dans leurs devoirs et leur propose un soutien scolaire (en plus de l'école ou du collège qui les reçoit d'habitude dans la journée... sauf en ce moment : il y a un mouvement de grève des enseignants! allez, ça arrive dans des pays très bien!!). Eloi, lui, se charge des relations avec l'extérieur (recherche de fonds entre autres). Et le directeur, Dieudonné, n'est autre que l'un des premiers hôtes de l'orphelinat! Après son baccalauréat, il a pu passer un master en ressources humaines, avant de revenir ici. Un bel exemple pour ses cadets, et un vraiment chic bonhomme, posé, serein, et éminemment sympathique.




Et vous savez quoi? Parrainer l'un de ces jeunes ne coûte que... 20 euros par an! Avis aux amateurs!!
(Contacter Albert Hounou des Salvages, ou Orphelido)

Allez, gros bisous à vous tous ; nous pensons bien fort à vous, en particulier aux enfants à qui nous souhaitons de très bonnes vacances!

PS : Petit débat philosophique : 
Hier matin, nous sommes allés rendre visite à une classe de Terminales du collège voisin. Et là, les futurs bacheliers (ils sont âgés de 18 à 30 ans environ), nous ont interrogés sur la vie en France. Ici, aussi, les enfants nous posent plein de questions. Et ce qui ressort toujours, c'est leur attirance pour notre "confort matériel", voire, pour certains, pour les clubs de foot!! Mais... ils sont aussi conscients que le rythme occidental modifie les codes de rapports humains. Ici, on n'est pas trop à cheval sur les horaires, on a le temps! Mais chez nous, pas de temps pour les palabres ; et pas de confiance en tout le monde, pas de porte ouverte à tout le monde. 
Alors, c'est quoi le bon compromis?















samedi 17 février 2018

Ouidah ne nous ménage pas, mais le Lac Ahémé, on l'a adoré!



Assovo! Coucou tout le monde!

Nous avons quitté le territoire Fon, pour celui, plus au nord-ouest, du dialecte Adja. (Nous réapprenons donc nos rudiments!)

Il nous est arrivé plein d'aventures, depuis notre dernière connexion! :

Nous avons quitté mercredi matin Ouidah, la ville où, durant 3 siècles, étaient parqués les esclaves avant leur rachat par les Blancs... Ouidah, ville chargée d'une Histoire un peu lourde, où le poids des événements passés est tangible à chaque coin de rue... Ouidah, ville aussi de mon premier palu!... Ouidah, enfin, où, en rejoignant la plage, nous avons découvert... un noyé....


(L'arbre de l'oubli, autour duquel tournaient les esclaves avant leur embarquement, dans l'espoir de les désorienter, de leur faire oublier leur vie passée)


(Dur dur)



Bref, tournons la page, pédalons vers des horizons plus joyeux!!

Et là on a été servis!
Arrivée à Tokpa-Domé mercredi en fin de matinée, notre petite troupe, toute rouge (pas des coups de soleil, mais... du sable des pistes!!) a gagné le Lac Ahémé. Il est très beau, très sauvage, et merveilleusement propice aux baignades décolorantes!!!
Nous avons fait là la connaissance de l'adorable Jean, et de son ami le non-moins adorable Pamphile, qui... construit en ce moment sur pilotis un  magnifique village de bambous destiné à accueillir les touristes!
Autant vous dire qu'on s'est vite proposé pour jouer les cobayes!
Et Pamphile a mis la barre très haut :



Balade en pirogue, délicieux repas préparé par ses soins avec les poissons du lac... et la première nuit sur pilotis de notre bonne vieille tente! au son des grenouilles et du clapotis de l'eau!




(entre 2 baignades, awalé, nous maîtrisons à présent parfaitement!)


Nous avons unanimement décerné à Pamphile la note de 20/20!

Quant à Jean, il nous a raconté son lac.
Les branches dont se servent les pêcheurs pour "piéger" les poissons (en les y faisant pondre, provoquant une surpopulation... et l'épaississement de la couche sédimentaire du lac : celui-ci perd en profondeur) ; la déforestation qui en découle sur le plateau voisin : les petits animaux perdent leur habitat... Petit drame écologique local...
Ce lac est pourtant si beau, si paisible, espérons que le projet de Pamphile fera naître d'autres vocations : le tourisme écologique enrichirait ces villages!

Nous en tout cas avons passé là une formidable pause!
Nous pensons bien à vous et vous embrassons!




mardi 13 février 2018

MARGOT


Salut tout le monde!

Ici, il fait toujours aussi chaud, et nous sommes à Ouidah.
Maman ne se sentant pas très bien (notre première crise de palu !), elle est restée à l'hôtel, pendant que Papa, Raphaëlle et moi visitions la ville avec un guide.

Et, enfin, nous sommes allés visiter le Temple des Pythons. Ces serpents sont sacrés au Bénin grâce à une légende qui raconte qu'un jour un homme s'est aventuré dans la Forêt Sacrée en souhaitant tuer un animal. Celui-ci s'est transformé en python et a maudit le chasseur.

Pour en revenir à notre visite, un autre guide s'est occupé de nous dans le fameux temple des Pythons. Il nous a montré une statue représentant le Dieu du Métal (ça ressemblait plus ou moins à un tas gris!!!). On voyait dessus les restes d'un sacrifice (deux têtes de poulets et une partie de leurs plumes). Vraiment très charmant !!! Puis, notre guide est rentré seul dans une sorte de cabane en brique et en est ressortit... avec un python dans les bras !!! Quelques instant plus tard, l'adorable créature s'est retrouvée autour de mon cou (pas trop la saison des écharpes pourtant). C'est froid et ça bouge... Sinon, il est inoffensif (pas de venin) pour l'homme (Ouf!).



Le guide nous a ensuite passé à chacun le pauvre reptile autour du cou et des bras ; avant de nous inviter à entrer dans la "maison" (le temple) des pythons. Il y en avait sur le sol, les murs, dans des vases, dans un creux au centre de la pièce ; les serpents étaient partout ! Le guide s'absentant quelques instants, nous a donc laissés en (charmante) compagnie d'une cinquantaine de pythons ! Heureusement, les serpents n'étaient pas très vifs (la moitié dormait) et, à part un (qui visiblement voulait sortir), tous avaient peur de nous. Le guide est finalement revenu et nous a annoncé que pour nourrir (une fois par mois seulement) ces serpents sacrés, il suffisait d'ouvrir les portes de leur temple. Et oui : 50 pythons affamés partent une fois tous les mois en vadrouille dans toute la ville à la recherche de rats, souris, lézards ou autres pour se nourrir! Les gens sont habitués et rapportent eux-même les serpents. Heureusement pour nous, l'ouverture des portes de Février est déjà passée. On n'aurait qu'à moitié apprécié d'avoir un compagnon sous la tente avec nous !!!

Journée à fortes émotions !

dimanche 11 février 2018

De Cotonou à Hévié, un démarrage épicé

Mifongändji-ya ! Bonjour bonjour à vous tous !

Désolés, cet article a 2 jours de retard.
Il y a un petit échantillon de photos. Dès que nous aurons à la fois l'électricité et internet nous vous ferons passer la suite!!

Nous sommes donc bien arrivés au Bénin ; et avons plein de péripéties à vous raconter!
Alors nous avons atterri à Cotonou mardi soir à 22h45 (avec 3 heures de retard, ce qui semble être un moindre mal). Nous avons quand même profité du vol pour sympathiser avec Sourou… dont nous n’allons pas tarder à vous reparler !




Nous avons dormi dans les merveilleuses chambres d’hôtes de Nicole, assez proches de l’aéroport, comme de gros hippopotames pour ¾ de la troupe ; mais Raphaëlle souffrait d’un zona depuis 3 jours (il paraît pourtant que c’est rarissime chez les enfants ?) et la douleur l’a réveillée les premières nuits L .
Bon, malgré un peu de fatigue, nous avons fait appel à notre capacité d’adaptation pour supporter les 35 degrés de fin de matinée (alors qu’il neigeait mardi matin à Blagnac !), et avons bravement tenté de suivre la Route des Pêches, sensée nous mener à Ouidah. Seulement voilà, en raison de travaux, celle-ci est juste impraticable pour nos vélos chargés comme des dromadaires… Heureusement, un jeune motard, Mack, nous a proposé de nous guider pour rejoindre une route plus carrossable… puis, après le déjeuner, de transporter Rapha, et son vélo, sur sa petite moto !

C’est ainsi que, cahin-caha, nous sommes arrivés chez Jean, un guérisseur de brousse, près de Hévié. Après quelques palabres, il a, entouré de sa famille, concocté une drôle de mixture pour oindre le thorax tout abîmé de Rapha ! Et une tisane à nous faire boire à tous, parce que les bobos, n’est-ce pas, sont des problèmes collectifs.

Nous avons ainsi fini la journée sous la tente dans la cour de Jean, entourés de 15 nouveaux amis !
Mercredi, quoiqu’un peu reposés, nous avons encore bien souffert : les pistes que nous avons empruntées pour quitter la brousse étant fort fouillantes, constituées de sable profond, il nous a fallu durant plusieurs heures ahaner pour faire avancer nos braves petits vélos ! Pour tout vous dire, on a frôlé le découragement… Et nous étions, pour la Nième fois, arrêtés dans le bas-côté à l’ombre d’un manguier, lorsque… TATATAAA !! Qui voilà : Sourou !! Si si !! Notre amie rencontrée dans l’avion !! Accompagnée de son mari, au volant d’une grosse voilure !! Et qui dit grosse voiture, dit aussi… possibilité de transporter 2 petites gazelles, leurs 2 gros vélos, et même les sacoches des parents des 2 gazelles !!! Ouf ! (ou petit remake de l’épisode « Gérald et Lisette au Canada, ou de celui « Cristian » à Cuzco !! Quand on vous dit qu’on a une bonne étoile !!)
C’est ainsi que nous sommes, depuis hier, dans la brousse à nouveau, du côté de Ouedo, chez Sourou et ses amis.
 Nous en avons profité pour       -donner un coup de main sur la ferme, et peser des cochons,
                                                               -apprendre à piler les épices pour confectionner les plats d’ici,
                                                               -jouer au Uno avec les gens du village (et eux on essayé de nous enseigner l’awalé… mais c’est encore un peu obscur pour nous !!! Nous ne maîtrisons pas encore le Fon couramment !)
                                                               -nous gaver d’ananas, de papayes et de yovo sé (des oranges blanches…),
                                                               -et découvrir nos premiers petits déjs locaux, des bouillies à base de soja, de maïs ou de mil ! délicieux ! surtout lorsqu’elles sont accompagnées de dogons, sortes de beignets frits (pas trop diététiques peut-être, mais prenons des réserves !!)
Demain, nous pensons reprendre la route… pour Ouidah, que nous atteindrons donc avec 3 jours de retard !!! Bref, tout va bien, et nous nous régalons des sourires, des rires et de la gentillesse des gens !
Au fait, le zona de Raphaëlle est guéri.
Eizadé (à tout à l’heure), et maounifonmi (que Dieu nous réveille !!)

On vous embrasse bien fort.





Chanson en anglais pour débuter la journée d'école! En pleine brousse!


L'Awalé

dimanche 28 janvier 2018

Qui voyage?





Voici la présentation de la famille avant le voyage autour du monde, en 2014.

Jules                      

                                                                         
Bonjour!

J'ai 13 ans et demi, et je m'apprête à faire ma 3e sous la tente (bon, ça devrait aller, avec tout le travail que mes profs ont déjà mis sur clé USB!!!)
Ce que j'adore par dessus tout, c'est le tennis ; enfin, tous les sports en fait... bon, peut-être que dans un an j'en aurai un peu assez du vélo!!!
Ce qui me fait trop envie dans ce voyage, c'est de découvrir de nouveaux plats ; et puis, de me baigner dans de superbes plages, et de visiter New York et Los Angeles.
Mais bon, j'appréhende un peu de ne plus voir mes super super amis. Et je risque de ne pas beaucoup jouer au tennis pendant ce périple...

Allez, la prochaine fois que j'écris, ce sera du Canada!!




Margot

Coucou,

J'ai 11 ans, et je vais faire ma 6e sous la tente! ça va changer de l'école!

Mes passions : lire, les animaux, l'aventure, la nature (ça rime), la natation, la GRS,  le piano, et les crêpes!!! (avec du nutella bien sûr!!!)

Ce que je déteste : la réglisse, ce qui est fatigant, et... prendre des risques (cf photo!!!).

Ce qui me plaît dans notre voyage : l'observation des étoiles dans le désert d'Atacama, l'Indonésie et tous ses poissons, pagayer avec les baleines sur le Saint-Laurent, et le Macchu Picchu.

Ce qui me tente (tipi) le moins : les grandes villes, et laisser mes copines, ma famille et mes doudous (car ils sont trop gros, les doudous bien sûr, merci parrain Juju!!). J'espère aussi ne pas voir de trop près mon animal préféré : le tigre!!

Enfin, je me réjouis de vous en raconter plus!
Raphaëlle
Bonjour,

J'ai 7 ans et demi, presque 8.

J'adore faire de la gym, de l'accrobranche, et toutes les cabrioles en général! et puis chahuter avec mon grand frère!!!

Ce que je n'aime pas trop, c'est manger des salsifis, et puis ranger ma chambre!

Je suis super forte en math et pas trop trop en français... et super forte en vélo aussi, je suis sûre que je vais distancer tout le monde!!!

J'ai très envie de faire du canoë à côté des baleines, de rencontrer plein d'animaux, et de me faire des copains partout dans le monde.

Par contre, je suis un peu triste de laisser mes amies pendant un an, et j'espère qu'elles se souviendront de moi quand je rentrerai...

Gros bisous et je vous réécrirai quand on aura vu les baleines!!



Isabelle
Bonjour,

Bon, moi, je suis la maman (pas besoin de dire mon grand âge!!!)

Je suis étudiante en étiopathie... en trève!

En fait, dans notre voyage, tout me plaît. Enfin, sauf les moustiques, et sauf les crevaisons. Ah, et puis sauf les douches froides aussi! Mais bon, à part ça, ça devrait aller!!!

En général, quand on roule, c'est moi la queue du peloton... mais mes p'tits loups sont indulgents et m'attendent volontiers. Faut dire que je transporte le casse-croûte, au cas zou.......

J'aime assez le sport (en général je fais pas mal de natation), mais sur les photos vous me verrez sans doute souvent faire un p'tit quart d'heure de sieste! 

Enfin, ce que je préfère par dessus tout, ce sont mes amours de p'tits loups.

Voilà voilà... J'oubliais : j'aurai sûrement plein de larmes au moment du départ (normal, je pleure pour un rien), mais ne vous y fiez pas : je suis super super contente et fière de ce grand projet!!

Bises à tous et à bientôt.
Nicolas
Bonjour,

Je suis le papa, j'ai 39 ans, plus beaucoup de cheveux (en plus il y en a pas mal de blancs) et des dents en cours de restauration pour le périple!!! A part ça la santé est bonne!!

Je travaille dans une entreprise agro-alimentaire.

J'adore le tennis (j'ai même repris les cours pour assurer devant le fiston...), cuisiner, bricoler, les soirées avec les amis, et bien sûr ma famille.

Ce que je n'aime pas : le dentiste quand il me dit aïe aïe aïe !!!, la malhonnêteté et aller aux urgences.

Ce qui me tente dans ce projet (il y a plein de choses...): la rencontre avec les gens, la découverte de différentes cultures, être en famille, les baignades, les animaux, les spécialités locales...

Ce qui me dérange: je n'ai pas encore de carte pour l'Amérique du Sud, caser tout notre barda dans les sacoches et ne rien oublier!!!

Bon vent à tous et à bientôt.

Agathe

Bonjour tout le monde,

C'est moi la grande, j'ai quinze ans,

Et j'veux voir si la terre est ronde,

Comme tout le monde le prétend.

J'aime moins le vélo que les chevaux,

(sauf quand ils font du rodéo),

Mais entre les deux, les parents


Ont opté pour le plus fatigant!

Heureusement je suis prête à mutiner la troupe

Si deux soirs de suite y'a de la soupe!

J'ai prévu d'adopter en route un p'tit chien,

Mais chut, les parents ne se doutent de rien!

La seconde sous la tente? Aucun problème ne s'pose:

A part les maths, finger in the nose!!!

La grosse galère sera LES MOSQUITOS !!!!

Et pensez à moi qui devrai voyager sans gloss!!
A bientôt.
PS: une petite pétition serait la bienvenue: contre la douche froide, la vie en collectivité sous la tente, la pluie, les gens qui parlent pas français, les trucs bizarres dans les assiettes, les fonctions affines, le réveil avant 11h, papa qui chante, maman qui parle aux bestioles, les p'tits frère et soeurs qui s'réveillent à l'aube, les cuissards de cyclistes...
 Enfin à part ça je rêve de voguer sur mon vélo,
Comme le capitaine Jack Sparrow!